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Inflation et augmentation des coûts de l’énergie

L’annonce vient de tomber: +0,5% d’augmentation des prix pour le seul mois de juillet 2009, soit la plus forte augmentation depuis mai 2008. La raison essentielle n’est pas la taxe carbone qui n’est pas encore mise en oeuvre mais bien l’augmentation des coûts de l’énergie et en particulier du pétrole qui avec une augmentation de 3% sur la même période vient tirer vers le haut tous les prix compte tenu du fait que rares sont les produits qui ne sont pas transportés quand bien même ils n’utilisent pas du pétrole comme matériau.

La taxe carbone ne fera qu’amplifier ce phénomène même si son impact restera relativement faible comparé à l’ensemble des autres leviers macroéconomiques qui participent à la formation du prix du baril de brut.

Covoiturage, comment aller au-delà ?

La libre circulation des personnes sur un territoire est un droit de l’Homme fondamental. Cette possibilité étant posée, son exercice est devenu très variable dans le temps, selon l’espace et selon les populations. La circulation des biens selon les règles économiques des avantages concurrentiels territoriaux, devant l’explosion de la consommation, s’est accompagnée d’un formidable développement des transports. Aujourd’hui, le transport est devenu lui même un objet de consommation qui dans une société de plus en plus individuelle permet à l’Homme de se différencier de ses semblables. Conjuguée au développement technologique, la libre circulation se traduit par une surenchère du « toujours plus loin, plus souvent et plus vite ».

Aujourd’hui notre consommation énergétique individuelle est très inégalitaire mais surtout trop importante par rapport aux enjeux de l’écologie et de la solidarité.

Comment dans la société capitaliste de consommation peut on à la fois apporter une vision durable de notre développement des transports sans limiter nos capacités de déplacement ?

Le co-voiturage est une réponse partielle à cette question. Le but ici est de prouver que cette vieille idée ne peut faire ses preuves que si elle est inscrite dans un projet politique plus global qui la rend cohérente et crédible. Il s’agit de développer un service territorial coercitif du transport semi individuel. Terminologie pompeuse qui nécessite d’être expliqué sur :

  • le dépassement des contraintes et l’importance du territoire,
  • les constats et l’objet (voir rubrique comment ça marche?)

Le dépassement des contraintes

Les contraintes

Utiliser un mode de transport dont vous n’êtes pas propriétaire ce peut être:

  • s’imposer un horaire
  • accepter un retard potentiel
  • être dépendant d’un tiers
  • faire confiance au conducteur
  • perdre temporairement un signe de richesse
  • quitter un espace personnalisé pour un espace dont on n’a pas la maîtrise

Enfin au delà des freins psychologiques, il y a tout simplement la difficulté de faire correspondre l’offre au besoin.

Les opportunités

Utiliser un mode de transport dont vous n’êtes pas propriétaire ce peut être:

  • favoriser le niveau de sécurité sur route par la diminution du nombre de véhicules sur ces routes
  • diminuer le temps de circulation par la limitation du nombre de bouchons
  • être proactif sur la diminution des rejets dans l’atmosphère
  • diminuer ses dépenses de transport
  • réinventer des formes d’échange et de communication qui créent du lien social et participent indirectement au développement d’un territoire

Il y a donc plus de raisons de refuser le co-voiturage que de l’accepter même avec les hausses des prix du carburant qui est une opportunité supplémentaire.

Pour faire pencher la balance dans le bon sens, il est possible de :

  • taxer les trajets individuels (1 personne par voiture) ou les rendre impossibles dans certaines circonstances.
  • encourager financièrement au delà de toute économie d’échelle et celui qui se propose de transporter d’autres personnes et celui qui accepte de se faire conduire
  • utiliser les modes de communication adéquat pour que l’offre et la demande se rencontrent.

Le territoire :

« Rendre possible ce qui est nécessaire », voilà certainement une des plus belles définitions de la politique. Le transport n’échappe pas aux réalités d’une économie libérale mondialisée et les structures publiques de transports auront bien du mal à subsister au niveau national face aux législations européennes (elles mêmes traductions d’accords commerciaux négociés à l’O.M.C.). La mise en œuvre de politiques alternatives de transport au niveau de la route, dont la gestion revient quasiment exclusivement à l’échelon départemental, n’ont de sens que si elles prennent corps à l’échelon local qui peut les rendre crédibles. Au niveau d’une commune, le co-voiturage peut être déployé quand le voisinage ne s’est pas lui même organisé, mais le nombre d’usager potentiel n’est pas suffisant. Au niveau des collectivités intercommunales des expériences de transport de type minibus qui ont échoué et l’absence de moyens de coercition au niveau des voiries rendent cet échelon insuffisant. Seul l’échelon départemental ou régional semble être le plus petit échelon possible en travaillant à chaque fois sur les bassins de vie et les bassins d’emplois qui ne sont pas toujours les mêmes. Fort de ces arguments RESAUTOM s’est rapproché du conseil général de son département de création, la Meurthe-et-Moselle.

Constats et objet:

Le développement durable, tout le monde en parle, peu le pratique.

Sondages réalisés sur www.lesfrontaliers.lu en 2001 ou 2002:

83% des salariés frontaliers utilisent la voiture sur la totalité de leur trajet domicile-travail, mode de transport privilégié par rapport au train ou au bus à 84% (c’est à dire qu’environ 1% feraient du transport combiné voiture+bus ou train). 26% des automobilistes pratiquent le covoiturage “régulièrement” tout en reconnaissant que la principale difficulté, avancée par 57% des sondés, est de se retrouver le soir à la même heure pour le trajet retour.

61% parcourent plus de 35km aller pour se rendre au travail. En utilisant une voiture pour aller d’un point A à un point B que A et B soient distants de 10 km ou 200 km, nous sommes chaque fois plusieurs dizaines à faire le même trajet au même moment, à une vitesse quasi-identique et avec plusieurs places vides dans chacun des véhicules, il apparaît aberrant que les conducteurs n’aient pas les moyens de s’arranger pour limiter le nombre de véhicules entre A et B à un moment donné.

Ce sont ces moyens qui font l’objet de resautom© ici exposé (voir rubrique comment ça marche?) afin non seulement de désengorger les axes routiers, mais aussi de diminuer les frais de transport de plus en plus élevés compte tenu de la hausse des prix du pétrole ou encore de réduire les émissions polluantes (gaz à effet de serre et autres particules).

Matraquées pendant des années au chantre de l’individualisme, nos mentalités ne sont pas prêtes à intégrer le co-voiturage comme mode de transport naturel. Pourtant des signes montrent que la population est de plus en plus sensible aux impacts économiques, écologiques et sociaux de ses choix. C’est donc une nouvelle approche du co-voiturage qu’il est nécessaire de déployer pour rendre profitable aux usagers ou clients une solution dérivée de co-voiturage nommée resautom©. Profitable, resautom© doit l’être aussi pour ceux qui déploient une telle solution, en accord avec l’esprit libéral ou social libéral des marchés de services tels qu’envisagés du niveau local jusqu’au niveau européen : sans prise en compte de cette réalité, le projet perd toute crédibilité politique nécessaire à son succès. Mais là aussi nous avons montré que c’était possible.

Parce que c’est nécessaire et que nous pouvons le rendre possible, parce que nous y avons des intérêts communs, resautom© peut devenir un projet majeur reflet d’un projet de société en construction : le chantier est ouvert !

Publié avec l’aimable autorisation de RESAUTOM.