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Le Plan de Mobilité: décryptage du nouveau “Plan de déplacement d’entreprise”

A partir du 1er janvier 2018 les entreprises de plus de 100 salariés ne pourront plus y échapper: zoom sur le “Plan de Mobilité”.

Egalement appelé “Plan de déplacement entreprise”, c’est le nouveau terme définissant les projets proposant, au sein d’entreprises, des transports alternatifs à l’usage de la voiture individuelle.

Ce plan doit entrer dans le périmètre d’un « Plan de Déplacements Urbain » (PDU) et exclu de ce fait les entreprises situées en milieu rural.

Depuis 2015 et la promulgation de la loi relative à “la transition énergétique pour la croissance verte”, ce concept connaît un nouvel intérêt. Et ce du fait de l’article 51 de cette loi, définissant officiellement la notion de “Plan de Mobilité” et lui donnant un aspect législatif.

Mais quels sont les finalités attendues pour le Plan de Mobilité ? Comment les projets de ce type peuvent être mis en place dans les entreprises ?

➤  Texte de loi « Plan de Mobilité »

Jusqu’ici réservé aux entreprises volontaires et désireuses de promouvoir une mobilité durable, le Plan de Mobilité sera obligatoire à partir de 2018, pour toutes les organisations rassemblant plus de 100 employés sur un même site.

Et, si les pouvoirs publics soutiennent ce plan c’est bien parce qu’il s’inscrit dans une démarche éco-responsable et de mobilité durable.

Car, les principales finalités du Plan de Mobilité sont, tout d’abord, de diminuer les émissions polluantes, ensuite de décongestionner les axes de circulation domicile-bureau, notamment aux heures de pointes, et par ailleurs de faciliter tous les déplacements liés à l’entreprise.

Plusieurs types de mesures peuvent découler de la mise en place d’un Plan de Mobilité.

La première et surement la plus prisée est le covoiturage, que les dirigeants peuvent ainsi développer et promouvoir au sein de la société. Ils peuvent le faire en mettant à disposition des acteurs de l’entreprise une plateforme de mise en relation qu’elle soit interne ou publique. Certains prévoient même une aire de covoiturage sur leur site.

L’autopartage (la mise à disposition de véhicules) est également une solution de transport de plus en plus séduisante pour les entreprises et leurs employés.

➤  Article sur l’autopartage en entreprise

Mais, le catalogue d’actions environnementales envisageables par les organisations est vaste. En effet, un Plan de Mobilité peut aussi se construire avec l’aménagement de parking à vélos sécurisés et/ou de pistes cyclables pour valoriser l’utilisation des cycles. Ou bien, par exemple, avec des accès aux transports en commun repensés, un télétravail favorisé et/ou des horaires aménagées,…

Toutes ces solutions ayant pour but d’organiser pertinemment les déplacements liés à l’entreprise, d’en finir avec les trajets inutiles et de proposer des alternatives à “l’autosolisme” (fait de circuler seul dans un véhicule).

 

📄 A lire aussi :

Le Plan de Mobilité: un Plan de déplacement bénéfique pour les entreprises ?

Article sur la loi Transition Énergétique

Article sur les nouvelles tendances professionnelles en matière de mobilité

Les Plans de Déplacement avec Covivo

Télé ou visioconférence, l’alternative à l’alternative covoiturage!

Les solutions de visioconférence existent depuis de nombreuses années et préexistaient avant l’explosion de l’internet. Les solutions légères par internet ont permis de réinventer les services à des prix beaucoup moins importants.

Nous sommes donc passés de l’aire des salles de visioconférence à l’aire de la webconférence sur les postes clients. Pourtant les pratiques n’évoluent pas toujours en regard du potentiel d’économies que représente télétravail et visioconférence.

Chez Covivo, nous connaissions depuis longtemps la société NeoLinks grâce à notre réseau de partenaires. Cette entreprise a su sans cesse s’adapter et utilise aujourd’hui le smarphone devenu une webcam parfaitement mobile! Mais nous avons découvert récemment un autre un acteur français, Netvisio, qui s’inscrit à notre image dans une démarche éco-responsable, en encourageant les réunions à distance et le télétravail.

Les déplacements coûtent à l’entreprise et à la planète : temps, argent, émission de gaz à effet de serre ! L’organisation d’une réunion voire une conférence, amène vos participants à se déplacer soit en voiture, en en train ou en encore en avion, ce qui représente une perte en moyenne de 25 jours par an de temps passé en réunion pour un cadre. (source les Echos) sans compter les dépenses et les émissions de CO!

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Le constat est évident mais cela ne fait pas de mal de le rappeler de temps en temps. Du côté des solutions, quand on a grandi avec Microsoft ou plus récemment avec Google pourquoi plébisciter une PME Française plutôt que des mastodontes Américains dans le secteur de la télécommunication BtoB ?

Netvisio  édite ses propres solutions de télécommunications sur le marché du travail collaboratif à distance (vidéo conférences, réunions téléphoniques, webinaires, réunions téléphoniques événementielles).

Le marché du travail collaboratif à distance est aujourd’hui dominé par des géants Américains dans le secteur des télécoms BtoB comme Cisco.

Cependant, ces colosses ont des lacunes majeures lorsqu’ils s’adressent à des services publics français. La première étant que les serveurs ne sont pas physiquement présents en France, ce qui représente un handicap rédhibitoire pour la protection des données mais aussi en raison des risques d’espionnage industriel.
Deuxième lacune, ces services publics ont besoin d’un accompagnement pour la nécessaire conduite du changement que ces projets imposent à l’image des mobilités alternatives et du covoiturage domicile-travail qui ne s’impose pas naturellement comme un réflexe.  Accompagnement et support si possible basé en France sont des conditions nécessaires de succès. Microsoft a beau être gigantesque, aucun support téléphonique direct n’est présent afin d’aider les utilisateurs, un formulaire en ligne…

La digitalisation de la relation client à outrance conduit aussi les clients à préférer des services où la dimension humaine et relationnelle n’est pas oubliée.

Ainsi nombre d’institutions et entreprises ici comme dans d’autres domaines préfèrent être un client important pour Netvisio, plutôt qu’un numéro pour Microsoft.

Nous vous invitons à les découvrir et si vraiment la présence physique des uns et des autres en réunion ne peut être évitée, pensez à utiliser une solution de covoiturage dédiée à l’organisation de vos réunions!

LES JOURNÉES MOBILITÉ DURABLE 2016 ORGANISEÉS SUR LE SITE DU CEA GRENOBLE À MINATEC

VENDREDI MATIN : LES ASSISES NATIONALES DES PLANS DE MOBILITÉ  : POUR UNE TRANSITION ÉNERGÉTIQUE DES DÉPLACEMENTS, LES CLÉS POUR LA CRÉATION DE PLANS DE MOBILITÉ. Mode d’emploi et retour d’expérience

Ce que nous avons retenu :

Ces Assises ont rassemblé tous les acteurs des plans de mobilité, privés, publics, institutionnels et associatifs afin d’apporter des éléments de réponse sur la stratégie de l’Etat et les moyens mis en oeuvre pour favoriser le développement des plans de mobilité sur le territoire national.

Une dizaine d’acteurs sont donc intervenus pour partager leur expérience, leurs difficultés, leurs réussites, leurs doutes, leurs techniques… Le rôle déterminant des AOM dans l’accompagnement des établissements a été mis en lumière et nous avons pu écouter attentivement leurs différents leviers d’actions.

Les premiers intéressés, les établissements, publics comme privés, ont fait évidemment l’objet d’une attention toute particulière. La matinée a été chargée mais tout ces échanges constructifs ont permis d’obtenir quelques conseils sur la mise en place de ces fameux plans de mobilité et d’appréhender au mieux tous les tenants et aboutissants d’une politique interne de gestion de la mobilité des salariés (mobiliser les ressources internes, financer la démarche, structurer un plan d’action…).

Des retours d’expériences venus de l’étranger avec notamment l’intervention de Giorgio Giovannini directeur de Mobilidée Sarl (en Suisse) ont permis à certains d’obtenir un autre angle « d’attaque » et ainsi de changer de l’approche classique en abordant plus la problématique de « stationnement » avant celle des « déplacements ».

Les points qui nous ont marqué :

L’importance de mobiliser les ressources internes (la motivation du référent et de la direction, le temps alloué à la mission…) ;

Financer la démarche à « bonne hauteur » et prévoir des incitations financières en levier d’action : nous n’avons pu que féliciter (et envier !) l’expérimentation mise en place chez STMicroélectronics (intervention de Benoit Mollaret) sur l’Indemnité kilométrique Covoiturage et leur taux de remboursement sur les abonnements transport s’élevant à 80% ! La loi n’exigeant que 50%… Bravo !

Structurer et piloter un plan d’action : l’animation et la communication sont essentielles (valoriser les initiatives,…) ;

S’adapter au contexte /territoire (impulser une démarche mutualisée, créer des synergies inter-établissements…) ;

Choisir les bons outils (enquête, animation, sensibilisation : les petits dèj mobilité présentés par Anne Laure Nardone de la Maison de l’emploi de Marseille a reçu un franc succès !) ;

Ne pas se fixer que sur les déplacements domicile-travail et élargir les possibilités : pourquoi ne pas optimiser aussi les déplacements professionnels ?

Merci au CEA pour cette nouvelle édition des assises de la mobilité encore plus connectée avec ces partages de tweetS en direct live !

Le vendredi après-midi : Le village de la mobilité

La visite du village de la mobilité a permis de sensibiliser le grand public aux enjeux de la mobilité responsable et durable au travers de stands et d’animations, avec une thématique commune : L’INNOVATION !

3 Thématiques que nous avons retrouvé :

– Mobilité Alternative ;

– Accessibilité ;

– Sécurité et prévention.

Le samedi : dédié à la sensibilisation du grand public

Le samedi a été une journée  totalement festive, qui a permis au grand public d’accéder au Village de la mobilité et ses stands de tous ordres.

Animations, essais, démonstrations… Toutes sortes d’activités étaient répartis entre le village de la mobilité et le salon des exposants pour permettre à tous de découvrir les mobilités de demain.

INTERVIEW BRUNO RENARD – PRESIDENT DU PLAN DE DEPLACEMENT INTER-ETABLISSEMENTS PRESQU’ILE/GIANT DE GRENOBLE

Bruno Renard

Quel est votre rôle en tant que Président du PDIE ?

Mon rôle en tant que président est de fédérer, animer et créer des synergies entre les différents acteurs de la mobilité. Plus précisément mon rôle en interne consiste à faire fonctionner l’association, et en externe, de faire écho de toutes les actions menées par le PDIE sur les différentes thématiques que nous traitons (Vélo, covoiturage, transport en commun, prévention, communication …).

Quelles problématiques génériques comme dans tout PDIE et quelles problématiques particulières à la Presqu’île de Grenoble doivent faire face les employés en terme de mobilité?

La spécificité du PDIE est un contexte géographique particulièrement favorable au développement des mobilités alternatives sur une presqu’île située sur un axe stratégique pour rentrer ou contourner Grenoble lorsque l’on vient de Lyon. D’ici 2025, la population de la presqu’île va être multipliée par deux avec l’arrivée de nouvelles entreprises, de nouvelles habitations, des étudiants et des commerces. Pour  réduire les embouteillages et la pollution, il faut réduire fortement la part modale de ce qu’on appelle l’autosolisme (se déplacer seul en voiture). Notre objectif est particulièrement ambitieux car nous devons la réduire à 20% alors que le moyenne en France est de 75%. Nous en sommes  actuellement à 32% grâce à un travail démarré il a dèjà 16 ans par STMicroéléctronic, pionnier des PDE et le CEA Grenoble qui lui a emboîté le pas.

Quelle sont les actions ou solutions mises en place pour répondre aux problématiques de déplacement rencontrées par les employés ?

Le PDIE, ce sont 16 établissements de la recherche, de l’industrie et de l’enseignement supérieur qui représentent 16 000 usagers sur 250 ha.

Nous avons la chance d’être situés sur une ville plate malgré les montagnes proches et très bien desservie en transport en commun dont une ligne de Tramway. Mais nous devons travailler sur tous les modes alternatifs car nos usagers viennent de la ville, de la campagne et de la montagne.. C’est pour cela que nous avons mis en place plus d’une trentaine de mesures incitatives déclinées pour la marche, le vélo, le covoiturage, le transport en commun, l’auto-partage, la prévention, la communication etc.. Exemple d’une mesure exemplaire : lorsque la loi transport de 2009 impose aux entreprises de rembourser 50% de l’abonnement aux transports en commun, les établissements du PDIE ont poussé l’abondement à 60, 70, 80 et jusqu’à 85% ! Du coup plus de 50% de nos usagers utilisent les transports en commun.

Vous êtes à l’origine de la création de la Fédération des Acteurs des Plans de Mobilité, quelles sont vos motivations principales pour avoir créé cette association ?

La nature ayant horreur du vide, lors de la dernière Journée Mobilité Durable nous avons décidé d’organiser les premières Assises nationales des plans de mobilité. Et, alignement de planètes favorables, trois semaines avant ces assises la loi de transition énergétique a été publiée, loi qui impose aux entreprises de plus de 100 salariés de mettre en place des plans de mobilité avant janvier 2018. Suite à ce premier décryptage national, nous avons donc créé la Fédération des Acteurs des Plans de Mobilité pour répondre à une question que beaucoup d’entreprises se posent : comment vais-je faire ?  A noter aussi que le PDIE ne  pouvait plus assumer les multiples sollicitations d’autres entreprises souhaitant connaître nos retours d’expérience et les outils mis en place.

La FAPM est une association pour créer un réseau de tous les acteurs des plans de mobilité afin d’optimiser sur le territoire les synergies nécessaires pour réussir le challenge de la loi.

Il existe déjà une quantité de fédérations, pourquoi cette nouvelle structure serait-elle plus percutante que les autres ?

Nous ne sommes pas du tout en compétition avec les autres fédérations. Nous sommes partie prenante et complémentaires. L’idée est de regrouper tout le monde dans une même démarche. Nous nous adressons à plus de 30 000 entreprises concernées par la loi et toutes les AOM (Autorités Organisatrice de Mobilité) qui doivent recenser les plans de mobilité mis en oeuvre.

On peut imaginer un jour quelques 60 000 membres, car nous souhaitons mettre en relation les 2 acteurs cités avec ceux qui vont les aider : agences d’éco-mobilité, vendeurs de vélos, vendeurs de véhicules électriques, collectivités, etc.

L’idée est de concentrer tout ce qui a trait à la mobilité, car aujourd’hui tout part de partout : il y a des blogs, des newsletters. Nous avons la volonté de centraliser les informations, de partager les expériences de chacun. Sur le covoiturage par exemple, nous allons nous focaliser sur la question : qu’est-ce qui peut permettre de réussir le covoiturage ?

Le covoiturage n’est qu’un élément dans une approche globale de la mobilité durable : quelles sont les étapes à venir pour assurer une meilleure complémentarité entre les modes de transport?

Pour les entreprises du PDIE, le covoiturage a du mal à fonctionner, alors que c’est une nécessité pour nous. Nous avons déjà réussi le transport en commun, le vélo, avec 20% de salariés qui viennent avec ce mode de transport, la marche à pied aussi. Cependant concernant le covoiturage, nous n’y arrivons pas, mais nous allons y arriver. On va mettre tous les acteurs autour de la table, toutes les mesures incitatives, tous les modes de déplacements. C’est un challenge, et nous avons un obligation de résultats. Pour le covoiturage, on va traiter tous les modes. Donc la complémentarité va être faite par ce qu’on appelle “la voiture partagée”, c’est un terme inventé à Grenoble l’année dernière : on met l’auto-partage, le covoiturage, et l’auto-stop.

Dans le covoiturage, on a identifié 3 trajets“classiques” : le 1er consiste en du coworking, c’est à dire que les gens vont faire du covoiturage pour venir à un espace de coworking. Le 2ème, c’est du covoiturage pour aller à une station d’offre de transports en communs (les gares, les transports en commun, tramway) et le 3ème c’est la trace directe : je pars d’un endroit et j’amène tout le monde à un autre endroit. L’idée est aussi de réserver des places de parking et des voies sur la route aux covoitureurs. Bien entendu nous prendrons aussi en charge le 4 ème trajet : celui qui impose des circuits alternatifs comme la dépose d’enfants à l’école.

Pour éviter l’éparpillement entre les différentes annonces de covoiturage en Rhône-Alpes sur différents sites, la Région propose une plateforme Covoit’OùRa! pour fédérer les initiatives : en quoi êtes vous concernés et quelles sont vos attentes ou l’articulation que vous imaginez mettre en place avec la Région ?

Une première réunion aura lieu le 4 juillet 2016 et la Fédération sera présente en tant que “facilitateur”. De son coté la Région apportera deux intérêts importants pour l’expérimentation : le site Covoit’Oùra qui doit regrouper tous les sites de covoiturage de la nouvelle région Auvergne-Rhône-Alpes et le grand  projet de carte OùRa! qui devrait permettre de payer tous les modes de transport.

Aujourd’hui on constate que l’on trouve assez facilement des conducteurs mais que nous manquons cruellement de passagers. Nous allons donc “abonder” comme aux transports en commun, c’est-à-dire que nous allons donner de l’argent pour participer aux frais du passager. Nous voulons créer et proposer une loi sur l’abondement au covoiturage à l’Assemblée Nationale, afin de rendre cette mesure obligatoire aux entreprises et surtout que ces dépenses soit exonérées de charges pour les entreprises et non soumises à l’impôt pour les usagers.

Beaucoup de choses ont déjà été tentées sur le covoiturage du quotidien et chaque projet est l’occasion  de créer des équipes de covoiturage mais comment, selon vous, assurer un service continu en la matière pour être certain d’avoir une masse critique suffisante en permanence ?

Cela fait 15 ans que nous faisons des mesures incitatives, “Si vous venez en covoiturage, nous changeons vos essuie-glaces, vos pneus…” Maintenant, nous jouons encore la carte incitative pour engager à pratiquer le covoiturage, avec des voies rapides urbaines réservées aux covoitureurs, des passages plus rapide aux péages, l’accès à des parkings qui leurs sont réservés etc. On pourra dès lors aussi envisager de mettre en place des mesures coercitives comme le paiement des places de parking pour ceux qui ne font pas d’efforts…

Le CEA est une entreprise. Quelles sont ses intérêts propres qui justifie de consacrer beaucoup de temps et d’énergie sur ces questions? Quel est le budget annuel global (ressources internes et prestations externes) que cela représente pour le CEA? Quel retour sur investissement est attendu qui puisse donner envie à d’autres entreprises de s’engager elles aussi plus fortement ?

Le CEA Grenoble, est une petite ville de 70 hectares qui accueille plus de 6000 personnes quotidiennement sur son site et qui a mis en place une réelle stratégie de Responsabilité sociétale.

Nous consacrons l’essentiel de nos recherches au développement des nouvelles technologies, dans les domaines de l’énergie, de la santé, de l’information et de la communication. Nos actions s’inscrivent depuis de longues années dans l’effort européen et national de réduction de notre dépendance aux énergies fossiles et de limitation des émissions de gaz à effet de serre.

C’est donc tout naturellement que nous nous sommes lancés il y a déjà 16 ans dans la mise en  place d’un Plan de Déplacements. En conjuguant les besoins de déplacements domicile-travail, intra-site et trajets professionnels, nous avons développé une batterie impressionnante de mesures incitatives. Comme plus de la moitié de nos salariés viennent en transport en commun, nous avons créé des cheminements piétonniers couverts, mis à disposition une flotte de 1000 vélos de service et 3 navettes électriques qui emmènent les personnes à leur travail le matin et les ramènent aux stations de TC le soir.

Bien entendu certains sujets comme le covoiturage méritent d’être traités à plusieurs, c’est pour cela que nous avons créé le PDIE en 2014 après 3 années de travail en commun sur la sécurité, la communication et des animations.

Nous ne pouvons pas définir le budget annuel global que cela représente pour le CEA car les actions du PDE sont mutualisées au sein des services généraux ce qui permet de fortes économies. cela comprend autant les abondements aux TC, que les kits de sécurité pour les cyclistes, mais aussi tous les aménagements routiers et la signalétique.

Avec une règle prioritaire : la sécurité. En travaillant sur les changements d’usage, nous travaillons beaucoup sur la prévention. A priori les établissements du PDIE font partie des trop rares entreprises à dépenser de l’energie dans la sécurisation des trajets domicile-travail

Je terminerai sur un exemple représentatif de l’apport d’une mesure incitative du PDE. Nous avons développé l’usage de l’auto-partage pour, au début, des usages privés. Puis nous l’avons étendu aux usages professionnels pour des trajets correspondant parfaitement à ce type de service. Et pour certaines missions, nous divisons par 2 les kilomètres effectués en permettant aux salariés de prendre un véhicule directement depuis leur domicile. 2 fois moins de risques, 2 fois moins de dégagement de CO2.

Loi Macron: quelles incidences sur les questions de mobilité?

Pas simple de distinguer le vrai du faux suite aux débats sur cette loi et d’identifier les sujets qui concernent directement ou indirectement la mobilité durable car la loi pour la croissance et l’activité dite “Macron”  comporte 308 articles allant de la simplification du  permis de conduire à celle du niveau de vie des entreprises, en passant par la libéralisation des compagnies d’autobus!

 

Sur le permis de conduire, les vingt heures de conduite obligatoires disparaissent, l’examen du code est confié aux sociétés privées et le délai d’attente de quatre-vingt-dix-huit jours pour passer le permis devra être divisé par deux.

Cela devrait permettre à des personnes d’avoir l’autorisation de conduire rapidement afin qu’ils puissent plus facilement prétendre à un emploi.

De plus, la présentation à un examen est désormais gratuite et sera comprise dans le forfait, le candidat ne devra plus payer pour repasser un examen échoué.

Par contre, les auto écoles pourront faire facturer tous les à côtés comme les déplacements hors honoraires, pour aller à la session d’examen final par exemple. Globalement la mesure risque d’avoir peu d’impact pour les candidats si ce qui est gagné d’un coté peut être refacturé de l’autre en supplément.

 

Sur la libéralisation des lignes nationales de car, l’objectif affiché est de permettre aux “plus pauvres” de voyager “plus facilement”. Nul doute que cela peut fonctionner pour certaines dessertes qui remportent déjà un franc succès (on parlait en 2015 de 250000 personnes transportées en un mois, soit deux fois plus que pour toute l’année 2014). Toutefois ce succès est à relativiser car:

  • les prix actuellement pratiqués sont des prix d’appel qui n’ont rien à voir avec les coûts réels de l’exploitant,
  • les dessertes les plus rentables ne sont pas forcément les dessertes où il y a le plus de besoin et la réforme ne pourra pas être une réponse pour les transports péri-urbains ou en zone rurale,
  • les coûts indirects continuent à être à la charge de la collectivité et non pas à celle des exploitants ou des usagers (pollution, infrastructure routière, sécurité routière).

 

Avec la privatisation des lignes nationales d’autobus un nouveau marché apparaît qui correspond peut être aux nouveaux usages de la mobilité: moins d’autosolisme pour plus de voitures partagées ou de transports en commun. Il peut être aussi source de nouveaux emplois.

Cela pose néanmoins deux questions:

  • compte tenu de la nécessaire rentabilité des nouvelles lignes de bus, est-ce qu’on ne va pas assister à un simple report du transport par train vers un transport par route puisque les lignes les plus rentables sont celles les mieux équipées du réseau ferrovière?
  • le report des usagers du train ou même du covoiturage vers le bus est il plus écologique?

Sur ce dernier point, il existe quelques études contradictoires. Certaines montrent que le covoiturage sur les longues distances permet de rentabiliser l’usage de la voiture et donc reporte des usagers du train qui possèdent une voiture sur l’usage de la voiture. La rentabilité économique ne s’accorde alors pas avec la “rentabilité écologique”! D’autres études montrent qu’en dessous de 15 passagers dans un bus, l’utilisation de 3 voitures avec 15 covoitureurs est plus écologique.

Encore faudrait il aussi qualifier la notion d’écologique en regard des émissions polluantes (CO2, NOx, particules…) pour établir ce type de comparaisons et surtout reconsidérer les évolutions des motorisations des autocars qui émettent de moins en moins de gaz à effet de serre.

Nous reviendrons sur ces études dans de prochains articles pour essayer de se faire une opinion plus claire.

 

Enfin une nouvelle question se pose avec le travail du dimanche pour la mobilité. Le travail du dimanche dans cette loi intéresse avant tout les commerçants et risque de générer de nouveaux type de flux ces jours là vers les zones commerciales périurbaines qui seront quasi-exclusivement automobiles puisque l’urbanisation a rarement été pensée pour des transports alternatifs. Si l’objectif est de développer le chiffre d’affaire des enseignes, ce seront donc des flux supplémentaires et la part modale de la voiture à 69% le dimanche (contre 65% la semaine) risque d’augmenter en contradiction avec les objectifs de transition énergétique fixés par ailleurs. Toutefois il y a un risque que les flux n’augmentent pas mais qu’ils s’étalent sur toute la semaine. Cela peut constituer une opportunité pour désengorger les zones commerciales le samedi mais cela rendra encore plus difficile les déplacements dans ces zones sans voiture car les investissements nécessaires pour les transports alternatifs seront encore plus dissuasifs en regard du retour sur investissement éventuellement attendu.

 

 

Source:

LOI n° 2015-990 du 6 août 2015 pour la croissance

Loi Macron : ce qui a été définitivement voté en matière d’environnement

 

 

 

loi-macron-travail-dimanchePhoto Emmanuel Macron.