Archives pour la catégorie Mobilité durable

Loi NOTRe quelles conséquences en termes d’organisation du transport (1/2)?

Et si on faisait le point sur les conséquences de la loi NOTRe en terme de mobilité maintenant que les nouveaux exécutifs sont en place et qu’il leur reste un an pour s’organiser sur les transports?

Aujourd’hui, avant la loi NOTRe

“Une autorité organisatrice de transports (AOT), est une collectivité publique. Elle a pour mission de définir la politique de desserte et la politique tarifaire des transports selon loi d’orientation pour les transports intérieurs no 82-1153 du 30 décembre 1982 dite Loti.

À l’échelle locale, les grosses communes, ou plus souvent leurs regroupements, sont autorités organisatrices des transports urbains. Ces autorités assurent directement l’exploitation ou bien la délèguent à des sociétés privées tout en contribuant à l’équilibre financier des services grâce au versement transport prélevé sur la masse salariale des entreprises situées dans leur Périmètre des Transports Urbains (PTU). Un périmètre de transports urbains (PTU) représente la zone à l’intérieur de laquelle les transports publics de personnes sont qualifiés de transports urbains et organisés par une autorité urbaine. Les départements sont Autorités Organisatrices des Transports non urbains sur leur territoire, et les régions sont Autorités Organisatrices des Transports ferroviaires régionaux.

Cependant, la Loti qui ne s’y applique pas en Île-de-France, l’organisation des transports est fixée par le décret du 14 novembre 1949 actuellement l’autorité organisatrice de transport en Île-de-France est Le STIF (Syndicat des transports d’Île-de-France).

Par ailleurs, d’autres autorités organisatrice dites de proximité (AO2) commencent aussi à se mettre en place à l’échelon inférieur. Au sein des aires urbaines, la superposition des AOT (région pour les TER, conseil général pour les autocars et une ou plusieurs intercommunalités) au niveau du même espace de vie créent des incohérences en matière de coordination des itinéraires, des fréquences et des tarifs. La solution passe parfois par la création d’un syndicat mixte des transports, auquel les différentes AOT délèguent leur compétence sur le territoire concerné. Depuis la signature de la convention d’exploitation des Trains d’équilibre du Territoire (TET) du 13 décembre 2010, l’État agit désormais en tant qu’autorité organisatrice (AO) des TET (Intercites, Corail, Téoz et Lunéa). Cette autorité, placée au sein du ministère chargé des transports, a pour mission de suivre la bonne exécution de la convention d’exploitation des TET (en termes d’exécution du service, de respect du plan de transport, de rénovation du matériel roulant et de suivi budgétaire).

Et après le 1er janvier 2017 comment sont redistribuées les compétences dans le domaine de la mobilité?

 

Les compétences des régions

 

La région devient l’autorité organisatrice de l’intégralité de la mobilité interurbaines en matière de transports.(anciennement AOT). En lieu et place des Départements désormais, les régions seront compétentes s’agissant des services non urbains, réguliers ou à la demande (article L. 3111-1 du Code des transports), des transports scolaires (à l’exception toutefois des services de transport spécial des élèves handicapés vers les établissements scolaires qui demeureront à la charge du Département), de la desserte des îles françaises (article L. 5431-1 du Code des transports) sauf dans les cas où une île appartient au territoire d’une commune continentale mais également  dans la construction, l’aménagement et l’exploitation des gares publiques routières de voyageurs relevant du Département. Toutefois ce dernier transfert ne s’applique pas pour les Régions Ile-de-France et Rhône-Alpes sur le territoire de la métropole de Lyon.

Néanmoins, un syndicat mixte existant sur un territoire infrarégional demeure compétent en matière de transports urbains et non urbains. En outre, s’agissant de la région Île-de-France, le Syndicat des Transports d’Île-de-France (STIF) conserve sa compétence en matière de mobilité.

Selon les nouvelles dispositions législatives, une concertation est nécessaire entre les conseils départementaux de l’éducation nationale et l’État afin d’harmoniser les dessertes territoriales. Les conventions approuvées entre les Régions et les entreprises de transport dans ce but ne devraient pas contredire celles existantes pour les Départements.

Par ailleurs, comme les Départements auparavant, les Régions peuvent déléguer cette compétence par convention à une autre collectivité territoriale, à un Etablissement Public de Coopération Intercommunale (EPCI) à fiscalité propre, à un établissement d’enseignement ou à une association de parents d’élèves et des associations familiales (uniquement pour le transport scolaire) qui sont des autorités organisatrices de second rang.

En outre, un tel choix était déjà offert aux Départements et au STIF qui l’exploitaient aisément puisque, conformément à l’enquête de l’Association Nationale pour les Transports Educatifs de l’Enseignement Public (ANTEEP), près de 83 % des Départements ont délégué, au moins pour partie, leur compétence transports scolaires à des autorités organisatrices de second niveau.

Nos sources:

Synthèse des dispositions relatives à l’intercommunalité

Loi NOTRe et transports publics

Synthèse de la loi NOTRe

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Intermodalité : le bel avenir de la mobilité

Décidément, la nécessité de développer l’intermodalité s’ancre de plus en plus dans l’esprit des acteurs publics comme privés. Le concept est effectivement séduisant car il offre une réponse à un triple objectif : optimisation des coûts de transport, réduction du temps de déplacement et diminution de l’empreinte écologique des centres urbains. Consciente de cet enjeu, la puissance publique semble vouloir accélérer le développement de ces pratiques et l’on observe des réalisations locales prometteuses.

Pour rappel, le concept d’intermodalité désigne la combinaison de plusieurs modes de déplacements sur un même trajet. Déjà largement utilisée pour les longs trajets tels que les départs en vacance (associant par exemple des déplacements en voiture, en train et en bus), cette logique se développe pour les trajets du quotidien, portée notamment par la diversification de l’offre de transport (covoiturage, auto-partage, vélos en libre service).

Fin du tout-voiture…

On vient de plus en plus loin pour travailler ou se détendre en centre-ville. La distance des trajets effectués par les habitants des zones urbaines aurait augmenté de 10% ces vingt dernières années et est aujourd’hui de cinq kilomètres en moyenne. Et ce n’est pas fini ! Les villes ne cessent de s’étendre et de grignoter les espaces ruraux alentour et cela entraîne mécaniquement une augmentation de la longueur des déplacements.

Or, dans l’offre de transport existante, l’utilisation de la voiture, si elle reste largement majoritaire, n’est plus aussi exclusive que par le passé. Par exemple l’enquête « Ménages et Déplacement » réalisée à Grenoble entre novembre 2009 et avril 2010 a enregistré une baisse importante de la mobilité en voiture. Du jamais vu depuis 1970 !

Réorientation de l’offre de transports publics…

L’un des défis pour la collectivité consiste alors à articuler cette moindre utilisation de la voiture à la maîtrise des dépenses publiques. Il ne s’agit pas d’augmenter en retour les investissements dans des structures lourdes de transport public, pas forcément efficaces.

Les magistrats de la Cour des Comptes, dans leur rapport 2015 pour une gestion publique plus rigoureuse, plaident donc pour une meilleure structuration des réseaux de transports en s’appuyant sur une étude du Laboratoire d’économie des transports. Ils défendent une vision allégée et plus interconnectée de l’offre de transport existante dans les villes.

Vive l’intermodalité !

Le développement de l’intermodalité apparaît alors comme une solution à privilégier, et ce n’est pas un hasard si les initiatives se multiplient. Dernier exemple en date : la future gare intermodale de Royan. L’espace en construction jusqu’en novembre 2015 prévoit de faciliter les déplacements en prenant en considération et en connectant les différents flux de transports existant : train, bus, taxis, voitures, cycles, piétons etc. Il en est de même pour le réaménagement de la gare de Juvisy dans l’Essonne, et l’on espère voir fleurir les projets similaires dans les années à venir.

LES NOUVELLES FORMES DE MOBILITÉ PARTAGÉE

Décidément, la mobilité partagée a le vent en poupe ! Après la location de bateau entre particuliers, découvrez les nouvelles formes du covoiturage. Novatrices, responsables et toujours conviviales, elles démontrent l’intérêt grandissant pour ce genre de pratiques.

LE COJETAGE : RENTABILISEZ VOTRE JET PRIVE

Vous avez toujours rêvé de voyager en jet privé ? Le cojetage est fait pour vous !

A l’origine de cette initiative surprenante, un constat simple : les jets privés volent souvent à vide à l’aller ou au retour pour aller chercher leur riche clientèle aux quatre coins du globe. L’idée est alors de proposer aux particuliers les services de ces jets à prix cassés.

Prenons l’exemple d’un vol court Paris-Genève. L’application cojetage vous propose d’embarquer à bord d’un jet avec d’autres voyageurs et de profiter du service haut de gamme pour 240€, soit environ dix fois moins cher que le prix moyen d’un vol strictement privé, et, accessoirement, sans qu’il soit besoin d’investir dans l’achat de l’appareil…

Cependant il faut accepter de réserver son vol à la dernière minute, et envisager un autre moyen de transport pour l’aller ou le retour. Le luxe bon marché, oui, mais pas sans contraintes !

RENTREZ DE SOIRÉE EN TOUTE SÉCURITÉ

Tout le monde connait Sam. Ce camarade dévoué, qui conduit mais qui ne boit pas, est devenu en quelques années le compagnon de tous les fêtards de l’hexagone.

Shoptonsam.fr, une plateforme de covoiturage encore inédite propose de mettre en relation les Sam avec des clubbers.

Le porteur du projet promet “un covoiturage de proximité pour aller en soirée” avec “la garantie d’un transport en toute sécurité pour les fêtards”. Le tout en échange d’une rémunération raisonnable.

ACCÉDEZ AUX TERRITOIRES LES PLUS RECULÉS AVEC LE COCAMIONAGE

co-voiturage_camionDu point de vue de l’automobiliste, les camions sont souvent synonymes de routes encombrées et, du point de vue de l’écologiste, ils évoquent souvent un lourd impact environnemental.

Seulement un jeune entrepreneur à la tête du projet WeTruck va peut-être contribuer à renverser partiellement cette perspective, en développant l’efficacité sociale et énergétique des transporteurs routiers.

Prévu pour être lancée en avril 2015, la plateforme Internet se chargera de les mettre en relation avec des voyageurs, et ce pour un bénéfice mutuel. Opportunité économique pour les transporteurs, possibilité d’accéder aux localités les plus mal desservies par les grands axes ferroviaires ou autoroutiers pour les particuliers.

Du reste, c’est aussi, selon Christian Boulocher, directeur général de Normandie Logistique, qui a testé la solution de Victor Clément plusieurs mois durant, « une occasion extraordinaire de renouer nos liens avec le grand public et de redorer notre image ». Comme toujours, covoiturage rime avec convivialité !

http://www.terraeco.net/Apres-le-coivoiturage-le,58479.html

http://www.easyvoyage.com/infos-voyageur/le-covoiturage-en-jet-prive-31344

http://www.miroir-mag.fr/64933-shoptonsam-fr-le-covoiturage-pour-les-fetards/

Le progrès, jusqu’où ? Et les applications de mobilité ?

Les progrès scientifiques et techniques dans le numérique et les applications de mobilité ne nous dédouane pas d’une réflexion éthique associé, c’est pourquoi nous relayions avec plaisir cet article.

Quelques notes de la conférence de clôture du Parlement des Entrepreneurs d’avenir / Acteurs de l’Économie (Lyon, 25/11/14)

Laurent Alexandre – Chirurgien-urologue, éditorialiste au Monde, créateur du site doctissimo.fr et de la société de séquençage d’ADN DNA Vision

Franck Debouck – Directeur de l’École Centrale de Lyon

Thierry Magnin – Recteur de l’Université Catholique de Lyon

Les progrès technologiques font-ils progresser l’Homme ?

Se dépasser est inscrit dans le cerveau et l’ADN des humains.

Des sagesses régulent ces pulsions en les inscrivant, hors de l’immédiateté, dans une perspective favorable au collectif.

Les progrès technologiques sont de plus en plus rapides, l’accès aux technologies de moins en moins couteux, leur diffusion accélérée par la concurrence internationale entre les entreprises (Notamment les GAFAM : Google, Amazone, Facebook, Apple, Microsoft)

Exemples :

  • Google prétend qu’en 2035 des implants cérébraux permettront de se connecter plus facilement à Internet

  • le cout de séquençage de l’ADN a été divisé par 3 millions en 10 ans. Les technologies NBIC seront bientôt presque gratuites. (Nano-Bio-Information-Communication)

Il y a peu d’analyse critique sur les progrès technologiques. (Ex : le cœur artificiel peut aussi conduire au transhumanisme).

La réflexion éthique est en retard sur la vitesse d’apparition des technos, notamment NBIC.

L’éthique est le mouvement de la liberté qui cherche une vie bonne dans la sollicitude envers autrui et dans un juste usage des institutions publiques. (Paul Ricoeur)

Contre l’omnipotence des technologies : peut-être le besoin des humains de se rencontrer.

La performance technologique ne suffit pas à combler la personne.

Par exemple, la crise de recrutement de scientifiques s’ancre peut-être dans la peur de ne pas voir vers quoi conduisent les sciences dures ?

Si l’Union Européenne est en retard technologique faute d’une politique de soutien réel, elle ne sera pas propriétaire des technologies. Elle devra les importer – avec l’éthique du vendeur …

Heureusement, l’UE impose un volet « sciences sociales » dans les projets de R&D techno qu’elle finance.

Quel scénario pour notre Vieux continent ?

  • Vassalisé par l’Inde, les USA, la Chine, à cause d’un retard techno ?

  • Régulateur éthique face aux dérèglements des technologies ?

  • Territoire de progrès social ?

En 2030, les robots et l’intelligence artificielle auront radicalement changé les métiers des humains. Par exemple : tous les gestes infirmiers seront assurés par des robots. Tous les diagnostics médicaux aussi.

Dans une société dominée par ces technologies, que faisons-nous des gens lents, peu intelligents … ? Quelles formations inventer ? Quel positionnement face aux machines leur proposer ?

Ces bouleversements ont conduit Microsoft à demander un poste aux Nations Unies …

Mais que penser d’un monde gouverné par des entreprises privées ?

Si une gouvernance mondiale était créée, où se réfugier, si on n’est pas d’accord avec elle ?

Des enjeux clé à venir :

  • Éducation et discernement pour construire d’autres voies pour le progrès que le transhumanisme

  • Distinguer le vivant dans ses fonctionnalités (champ possible du transhumanisme) et le vivant dans ses croyances.

Source : Philippe GARCIN

RATP : connaître la durée rend le transport moins anxiogène

Les études ont montré depuis longtemps que l’usage d’un mode de transport non routinier est terriblement anxiogène…

…par exemple utiliser les transports en commun exceptionnellement alors que nous utilisons chaque jour notre voiture pour se déplacer est un comportement plutôt stressant. Si la préparation de ce déplacement et le déplacement lui même se déroulent bien voire mieux que prévu, alors il y a des chances que l’expérience soit renouvelée et que les habitudes changent de camp afin que la routine devienne celle des transports en commun et non plus celle de la voiture!

En tant qu’usager pas totalement routinier du métro parisien, et bien que de tempérament aventurier, vous vous êtes sans doute fait la réflexion de l’imprédictibilité de la durée de la rupture de charge pour le passage d’une ligne à l’autre dans une station : le passage d’un couloir à un autre, d’un escalier à un autre finissent souvent par nous faire perdre le peu de sens de l’orientation que nous avons et nous nous posons la question de savoir quand exactement nous allons arriver sur le bon quai.

RATP
Une information toute bête est venue diminuer cette anxiété : le temps d’accès au quai est désormais signalé dans les stations. Cela existe peut être depuis longtemps, mais c’est en septembre que nous l’avons découvert : désormais non seulement l’accès à la ligne est fléché mais le temps pour l’atteindre est indiqué !

Peut être allons-nous changer plus facilement nos habitudes d’auto-soliste…