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Infographie : le covoiturage à la rescousse de la grève des trains

Alors que la grève de la SNCF dure depuis maintenant 7 jours, les sites de covoiturage ont vu leur taux de fréquentation décoller : les sites de Covivo ont eu une hausse du nombre de visites de 85%.

Il en est de même pour le nombre de covoiturages publiés sur le site : 25% d’offres et de demandes supplémentaires au cours de la semaine de grève, et 30% d’inscriptions en plus par rapport à une période où les trains circulent normalement.

Le covoiturage est donc un mode de déplacement qui est bien rentré dans les esprits et qui est considéré par les voyageurs comme un mode de déplacement aussi fiable que le train, capable de le remplacer en cas de besoin.

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Vous n’avez pas encore sauté le pas ? Covoiturez avec Covivo !


Le covoiturage en Wallonie : Enjeux et solutions pratiques de développement

Logos BodjiEn direct du Salon des mandataires, l’événement incontournable pour tous les acteurs de la vie locale Wallonne.

Soucieuse de répondre aux problèmes de pollution, d’émission de gaz à effet de serre, de lutte contre la congestion ou encore de l’envol des prix du pétrole, la Wallonie ne manque pas de bonnes raisons de vouloir diminuer le nombre de véhicules sur ses routes.
En d’autres termes la recherche de moyens alternatifs de transports est devenu une priorité en Belgique et la solution tient en un seul mot : covoiturage.

La pratique du covoiturage, contrairement à une idée largement répandue, n’est pas anecdotique en Belgique : pour les grandes entreprises, c’est le deuxième mode de transport utilisé après la voiture en tant que conducteur, et avant le train. Diverses études démontrent le potentiel du covoiturage : 65 % des Wallons se déclarent prêts à l’envisager comme solution de mobilité.
Pourtant, le taux de remplissage des voitures semble diminuer inexorablement. A tel point qu’aujourd’hui, pour chaque kilomètre parcouru par un citoyen belge, tous modes confondus, il y a deux kilomètres parcourus par une place vide dans une voiture.
Ces places vides sont principalement disponibles en heure de pointe, car c’est à ce moment que le taux de remplissage des voitures est au plus bas.

La région Wallonne souhaite donc inverser cette tendance et réduire considérablement le nombre de places perdues.
Pour mobiliser ce potentiel, plusieurs solutions concrètes ont été développées à l’initiative du Ministre de la Mobilité Philippe Henry, présent ce matin sur le salon afin de présenter deux solutions majeures dans le cadre d’une conférence de presse :

  • La mise en place d’un réseau de parkings de covoiturage en mobilisant des places de parkings existantes, en partenariat public-privé. Initiative que le Ministre souhaite étendre aux Communes ;
  • Le lancement de « Bodji » (bouger en Wallon), un service complet de covoiturage dynamique permettant de mutualiser les offres de mobilité. Sous la forme d’un site internet et d’une application mobile, « Bodji » verra le jour dès le mois de septembre 2014.

Ce salon des mandataires nous a donc offert de belles surprises en matière de mobilité durable que nous n’éviterons pas de suivre avec attention.

Le baromètre de la mobilité durable

Les évolutions constatées au cours de la décennie 2000 dans les comportements de mobilité marquent une inflexion avec les tendances passées, tant dans le nombre de déplacements que dans l’utilisation des modes.
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Évolution de la mobilité tous modes
(nombre moyen de déplacements quotidiens par personne)
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Évolution de l’équipement des ménages et de l’utilisation des voitures
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Taux d’occupation des voitures

Une érosion de la mobilité individuelle

Cette tendance cruciale mais peu commentée, pose la question de l’influence respective du libre arbitre des individus dans l’organisation de leurs activités et du poids des déterminants socio-économiques qui s’exercent sur la mobilité.

La part modale de la voiture en recul

Dans la majorité des grandes agglomérations françaises, la part modale de la voiture est en recul, marquant ainsi pour la première fois une évolution des pratiques vers une mobilité plus durable. Et même si les ménages continuent de s’équiper en voitures, moins qu’avant toutefois, chaque voiture est utilisée un peu moins qu’auparavant.

Le taux d’occupation des véhicules qui reste redoutablement stable vient cependant nuancer cette évolution: le covoiturage, qui se développe pourtant dans certaines zones d’emplois, ne parvient pas encore à remettre en cause la toute puissance de l’autosolisme.

Progression des modes de transport alternatif

La marche, les transports collectifs et le vélo progressent le plus souvent dans les grandes agglomérations même si l’usage du vélo reste encore faible dans nos villes.

La part modale de la marche est relativement homogène et se situe autour de 30% des déplacements. La part et la progression du vélo et des transports collectifs sont plus contrastées et les évolutions sont d’autant plus notables que les politiques locales de déplacements ont été volontaristes et inscrites dans la durée. Dans certaines agglomérations, les mesures mises en oeuvre n’ont pas encore porté leurs fruits.

Dans les villes moyennes les tendances ne sont pas les mêmes, et la voiture est utilisée pour une part toujours plus importante des déplacements.

Source : Transflash Hors-série, enquêtes déplacements

Les 5 marches du changement de comportement

Pour mieux comprendre et travailler sur les changements de comportements en matière de déplacement, la Communauté Urbaine de Strasbourg s’est appropriée des travaux de psychologie cognitive.

Par exemple, on ne devient pas cycliste régulier du jour au lendemain : cinq étapes mentales sous-entendent les changements d’habitude ;

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Il faut laisser du temps au temps pour changer les comportements

Une enquête ménage déplacement (EMD), un PDE… pourront mesurer des reports modaux plus faibles que ceux attendus : l’évolution mentale pour changer de comportement peut être en route sans pour autant qu’elle se traduise par un changement modal dans les faits et soit donc mesurable dans une EMD par exemple.

Le changement de comportement est personnel et renvoie aux valeurs

Modifier ses habitudes découle d’une volonté individuelle d’atteindre un but personnel, et donc des valeurs que les individus accordent à leurs actions et à leurs buts. Il importe donc de bien considérer l’importance que les acteurs accordent à certaines valeurs, et s’y appuyer pour amener les personnes à choisir leurs propres motifs et façons de changer leurs modes de déplacements.

Le changement s’inscrit aussi dans une dynamique collective

D’une part il ne peut intervenir que dans un contexte favorable (légal, politique, social, éthique, culturel). D’autre part, le changement renvoie aussi à la formation de nouvelles formes sociales et de nouvelles valeurs au fur et à mesure que les individus sont de plus en plus nombreux à adopter de nouveaux comportements.

L’argumentaire à déployer pour inciter aux changements de comportements est déterminé aussi en partie par ces cinq stades

Par exemple, avant de tenir un discours sur « comment faire un moindre usage de la voiture », il faut convaincre au préalable que c’est possible.

Source : Transflash n°379 février 2013

Un report modal de 10 points de la voiture vers les TC implique un doublement de la fréquentation des TC !

Des PDU de grandes agglomérations françaises affichent un objectif d’une baisse de 10 points de la part modale de la voiture d’ici une dizaine d’années. Très concrètement que signifie un tel objectif ? D’après la présente estimation « à la louche », le volume de déplacements correspondant à une baisse de 10 points de la part modale de la voiture est souvent du même ordre de grandeur que le nombre de déplacements actuellement réalisés en transports collectifs.

Ceci amène quatre réflexions :

  • Les transports collectifs ne peuvent absorber à eux seuls un report modal massif. Le doublement de la fréquentation des transports collectifs perturberait complètement l’équilibre et le fonctionnement des réseaux, notamment aux heures de pointe ;
  • Une politique volontariste de report modal doit donc miser sur l’ensemble des modes alternatifs à la voiture solo (marche et vélo sur courtes distances, vélo à assistance électrique, transports collectifs, covoiturage, etc.) ainsi que sur leur complémentarité afin que chacun d’entre eux soit utilisé sur son domaine de pertinence ;
  • Et au – delà du report modal, jouer sur la diminution du trafic automobile passe aussi par une réduction de la demande de déplacements, notamment en favorisant les démarches permettant d’éviter certains déplacements (télétravail, visio et télé – conférences, démarches électroniques, etc.) ;
  • Enfin miser sur la pédagogie pour inciter aux changements de comportements s’avère un complément indispensable.

 Source: Transflash octobre 2012