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Strasbourg : le parking relais résidents, outil d’une politique de stationnement déconcentrée

La politique de gestion du stationnement et les équipements mis en place permettent d’apporter des solutions satisfaisantes pour les visiteurs et les pendulaires. En revanche, le stationnement des résidents de centre-ville reste une préoccupation persistante.

Pourquoi imaginer de nouvelles solutions de stationnement pour les résidents de centre-ville ?

Même si le taux de motorisation des ménages de centre-ville est déjà faible, répondre à la demande de stationnement des résidents est complexe :

  • dans les zones centrales, la pression est déjà forte et les contraintes foncières ne permettent pas de créer de nouveaux parkings à un coût raisonnable ;
  • ce phénomène est accentué par la densification constatée des centres urbains, conjuguée à la tendance à la baisse des normes de création de places de stationnement privé ;
  • même si les ménages utilisent moins leur véhicule, ils ne s’en dépossèdent pas pour autant et l’automobile-immobile est toujours présente sur l’espace public.

En l’absence de solutions nouvelles de stationnement, il en résulte un risque de «grippage» et de report des difficultés de stationnement de surface vers les quartiers limitrophes du centre-ville et les faubourgs.

Proposer de nouvelles solutions : le concept du P2R

Les parkings-relais pourraient jouer un rôle prépondérant pour répondre à la demande de stationnement des résidents en devenant des P2R (parking relais résidents). Ils conserveraient leur fonction d’accueil des pendulaires à laquelle s’ajouterait celle du stationnement des résidents du centre-ville n’utilisant pas tous les jours leur voiture.

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Illustration 1. Principe de Parking-Relais «classique» (source: PTV France)
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Illustration 2. Principe de Parking-Relais de type «P2R» (source: PTV France)

La fonction nouvelle de P2R peut être obtenue en ouvrant certains parkings-relais existants aux résidents, ou en intégrant de nouveaux parkings dans certaines opérations d’aménagement. Cette nouvelle vocation des parkings-relais permettrait de redonner de la respiration aux zones centrales : passer d’une hyperconcentration des modes de transport et des solutions de stationnement, à une vision déconcentrée et desserrée de la politique de stationnement. Ce dispositif s’inscrit aussi pleinement dans la logique de valorisation des centres historiques et de recherche de complémentarités d’usage entre la voirie et les ouvrages.

Deux clefs de réussite du dispositif

La localisation : les distances doivent être acceptables pour que les résidents du centre-ville puissent rejoindre facilement leur véhicule à pied, à vélo ou en transport collectif. Les P2R doivent donc être situés à proximité des zones centrales. Par effet ricochet, les parkings -relais situés plus en amont, se voient renforcés dans leur rôle de capteurs des déplacements routiers de longue distance, en cohérence avec les objectifs environnementaux et l’évolution des réseaux de transport collectif. Dans le cas de nouvelles opérations d’aménagement en frange de centre-ville ou dans des friches desservies par le réseau de transport collectif structurant, la création de nouveaux parkings mutualisant les usages permet de répondre aux besoins des habitants du secteur et des habitants de centre-ville.

L’accompagnement : pour rendre acceptable pour le résident de l’hypercentre cette «mise à distance» de son propre véhicule avec à terme, l’ambition d’un l’abandon partiel (autopartage) ou total du véhicule au profit d’autres modes de déplacement, des outils d’accompagnement sont à prévoir :

  • une tarification dans les P2R, adaptée et concurrentielle par rapport au prix du stationnement sur voirie
  • le développement des titres combinés pour utiliser facilement les autres modes de transport. En particulier, la présence de vélos en libre service est une réponse à l’amplitude restreinte des transports collectifs (en fin de soirée par exemple) et permet de récupérer son véhicule à tout moment
  • l’intégration de services au P2R : consignes, prêt de matériel, chariots pour transporter ses courses, point relais, espace logistique
  • des cheminements piétons et un traitement qualitatif des abords des parkings délocalisés
  • des facilités de stationnement sur voirie pour permettre la dépose et la reprise des résidents ayant opté pour l’abonnement dans un P2R

À Strasbourg, l’abonnement «Résidéo» mis en place en mars 2013 dans deux parkings à l’extérieur du centre-ville (Halles et Petite-France), peut-être vu comme une première étape vers l’offre P2R. Cet abonnement, alternatif au forfait mensuel sur voirie, permet aux résidents du seul centre historique de stationner au tarif avantageux de 39 € par mois, 24 h/24 dans l’un des deux parkings. Pour ceux qui renoncent à leur abonnement résident classique sur voirie, d’autres facilités sont proposées :

  • 30 minutes de stationnement gratuites sur voirie pour permettre la dépose/reprise
  • 12 h de stationnement payant consécutives au tarif de 2,20 €, pour permettre le stationnement près du logement le week-end ou occasionnellement

Deux enjeux pour demain

Gouvernance : l’imbrication des compétences nécessaires à la mise en œuvre d’un tel schéma pose la question de la gouvernance et de l’organisation des collectivités : les P2R relèvent-ils du stationnement ou du transport? Comment garantir la cohérence des tarifs avec ceux du stationnement sur voirie ? À ce titre, la dépénalisation du stationnement sur voirie sera peut-être l’occasion d’apporter une réponse nouvelle et satisfaisante à cette question.

La question du financement des P2R se pose de manière complexe dans le cas de parkings mutualisés à l’intérieur d’opérations d’aménagement. Or ces choix ne sont pas anodins en matière d’équilibres financiers et d’objectifs recherchés par les collectivités. Dans un système où les frontières entre le centre-ville et le reste de la ville s’amenuisent, comme celles entre l’aménagement, le
transport collectif et les autres mobilités, notre arsenal juridique et nos modes de fonctionnement demandent vraisemblablement à évoluer et à s’adapter.

Contacts :

  • Régis Auriol – Regis.AURIOL@strasbourg.eu – Communauté urbaine de Strasbourg – Responsable du service stratégie et gestion du stationnement
  • Laurent Py – Laurent.PY@strasbourg.eu – Communauté urbaine de Strasbourg – Chargé de la stratégie du stationnement

Source : Transflash n°392

Le stationnement sur le lieu de travail, un frein aux modes de transport alternatif

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81% des déplacements vers le travail se font en voiture lorsqu’une place de stationnement est disponible sur le lieu de travail.

Inversement, ce chiffre n’est que de 48% lorsqu’il n’y a pas de place de stationnement disponible sur le lieu de travail.

 

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Mode principal le plus utilisé pour se rendre sur le lieu de travail selon la disponibilité d’une place de stationnement (source : traitement Certu, ENTD 2008)

Ce constat masque cependant des réalités diverses : ainsi, 80% des personnes déclarent disposer d’une place de stationnement sur le lieu de travail dans les secteurs périurbains des grandes agglomérations tandis qu’ils sont moins de 40% dans Paris intra-muros. En effet, c’est souvent dans les centres-villes, précisément là où l’offre de stationnement est la plus rare, que la contrainte sur la circulation automobile est la plus forte et que l’offre en transports collectifs est la plus performante.

Ces chiffres rappellent, si besoin en était, que le stationnement constitue un levier essentiel des politiques de déplacements, en particulier concernant la mobilité vers le travail.

Le covoiturage peut être une solution pour réduire le besoin en stationnement d’une entreprise… si vous souhaitez recevoir nos conseils pour développer une solution de covoiturage pour votre entreprise, n’hésitez pas à nous contacter : contact@covivo.eu et à consulter notre site internet.

Source : Transflash n°372, mai 2012

55 aires de covoiturage labellisées en VENDÉE

Le Conseil Général de la Vendée souhaite amplifier la pratique du covoiturage, initiée en 2007 par le lancement de la plate-forme internet du Département. Les objectifs qu’il se donne sont les suivants :

  • sécuriser, fédérer et amplifier les pratiques spontanées
  • faciliter la pratique, notamment en zone rurale
  • valoriser ce mode de déplacement aux yeux des utilisateurs potentiels

Les déplacements visés sont essentiellement ceux du «domicile -travail», entre les communes du département ou à destination des départements limitrophes.

D’une part, le Conseil Général de la Vendée a procédé à la labellisation de 55 aires, de sorte à mailler l’ensemble de son territoire. Leur localisation s’est faite à partir d’un recensement des pratiques spontanées constatées : des aires publiques ou privées, bien localisées par rapport aux axes routiers et présentant de bonnes conditions d’accès et de visibilité ont ainsi pu être identifiées. La capacité de ces aires varie d’une dizaine à une cinquantaine de places, et la signalétique mise à disposition par le Département est cohérente avec celle utilisée dans d’autres départements (ex : Loire -Atlantique ou Morbihan). L’enveloppe consacrée par le Conseil Général pour le développement de ces aires de covoiturage est de 130 000 €. Une charte d’utilisation répartit les charges entre les communes et le Département.

D’autre part, des améliorations (services de base chez Covivo) ont été apportées au site internet de covoiturage en Vendée, qui existe depuis 2007 :

  • un outil cartographique, permettant de localiser les aires et les trajets associés à chacune
  • des alertes personnalisées par sms ou email (pour les personnes n’ayant pas d’accès internet, une assistance téléphonique  a été créée)
  • une aide au calcul des frais, pour déterminer avant le voyage le prix éventuel à partager
  • des fiches profil, qui indiquent les centres d’intérêts des covoitureurs pour plus de convivialité

Côté communication, une campagne d’affichage sera lancée en avril, avec la mise à disposition de dépliants et d’affichettes dans les mairies et les entreprises, pour sensibiliser aux avantages du covoiturage et indiquer la labellisation des aires.

En outre, la plate-forme sera enrichie dès septembre, avec le lancement d’une carte interactive incluant les transports collectifs départementaux : des informations relatives aux 50 lignes régulières de cars (horaires, localisation des arrêts…) permettront de composer des trajets combinant car et covoiturage.

Contact : Conseil Général de la Vendée
webmaster@vendee.fr

D’après CERTU, avril 2011.