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SIM et opérateurs privés – SIM et milieu rural au SMARTGRID SMARTCITY

Aujourd’hui se tient un colloque SMARTGRID SMARTCITY au CNIT à Paris La Défense.
Une des conférences à laquelle participe Covivo porte sur les SIM (système d’information multimodale) à travers deux thématiques :

  1. L’interopérabilité des SIM en France
  2. Les innovations dans les SIM : vers une plus grande couverture fonctionnelle et géographique

smartGrid_smartcity

Sur le plan de l’innovation fonctionnelle, un gros travail reste encore à faire pour que la combinaison des modes alternatifs (autopartage, covoiturage, vélo…) et des modes traditionnels (les transports en commun) soit une réalité. La raison est double :

  • sur le plan technique, les données n’étant pas traitées de la même manière et la quantité de données à traiter étant parfois très différente, les univers du transport collectif et des autres modes de transport alternatif à l’usage solo de la voiture ont du mal à dialoguer ensemble,
  • sur le plan structurel, les données Transports en commun sont une réalité de plus en plus normée et exploitées à la demande de collectivités publiques alors que les données de mode comme le covoiturage ou l’autopartage n’ont pas la même histoire en termes de normalisation et surtout sont encore souvent exploitées par des opérateurs privés sans convention précise avec les collectivités territoriales.

En outre s’ajoute comme à chaque fois la question du modèle économique des différents opérateurs qui va permettre des travaux de R&D communs pour faire avancer l’innovation : l’information à une valeur qu’il est difficile d’abandonner à d’hypothétiques créations de valeur dans un schéma gagnant-gagnant.

Sur la question de la couverture géographique, il ne s’agit pas de raisonner uniquement sur les logiques d’interopérabilité des systèmes d’information entre territoires mais de comprendre aussi la spécificité des besoins en fonction des territoires. A ce titre, il est frappant de constater les écarts entre les logiques urbaines et interurbaines et les logiques rurales. Dans ce dernier cas, au delà de la question potentielle de la fracture numérique, se pose la question de la densité de l’offre des transports traditionnels qui rend souvent caduque l’intérêt des SIM traditionnels : une personne qui se voit proposer pour se rendre à Paris de dormir au retour dans le pôle urbain le plus proche de son village d’habitation faute de liaison le soir même, ne voit pas de grande utilité à un SIM traditionnel. Il y a donc bien un enjeu à intégrer une offre plus large de services de transport de proximité et notamment l’offre privée.

L’avenir est donc au décloisonnement dans les SIM entre organisations publiques et organisations privées : bien entendu on pense au covoiturage (souvent insuffisant dense aussi en milieu rural) mais aussi aux taxis, au transport de malade, aux coursiers…

Outre la question de l’information, se pose aussi les questions juridiques : malheureusement, bien que ce soit une tendance, nous ne pouvons pas encore tous nous improviser « transporteur » en mode particulier à particulier. Toutefois l’innovation à venir est aussi sociale : comment des communautés de solidarité locales à animer peuvent constituer une réponse aux besoins de mobilité et comment les intégrer dans les SIM ? C’est un des rôles des agences de mobilité ou des conseillers mobilité qui émergent progressivement mais avec un coût qui n’est pas neutre.

Le chantier est ouvert depuis plusieurs années mais n’en est qu’à ses débuts.