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Les 5 marches du changement de comportement

Pour mieux comprendre et travailler sur les changements de comportements en matière de déplacement, la Communauté Urbaine de Strasbourg s’est appropriée des travaux de psychologie cognitive.

Par exemple, on ne devient pas cycliste régulier du jour au lendemain : cinq étapes mentales sous-entendent les changements d’habitude ;

changement-comportement-velo

Il faut laisser du temps au temps pour changer les comportements

Une enquête ménage déplacement (EMD), un PDE… pourront mesurer des reports modaux plus faibles que ceux attendus : l’évolution mentale pour changer de comportement peut être en route sans pour autant qu’elle se traduise par un changement modal dans les faits et soit donc mesurable dans une EMD par exemple.

Le changement de comportement est personnel et renvoie aux valeurs

Modifier ses habitudes découle d’une volonté individuelle d’atteindre un but personnel, et donc des valeurs que les individus accordent à leurs actions et à leurs buts. Il importe donc de bien considérer l’importance que les acteurs accordent à certaines valeurs, et s’y appuyer pour amener les personnes à choisir leurs propres motifs et façons de changer leurs modes de déplacements.

Le changement s’inscrit aussi dans une dynamique collective

D’une part il ne peut intervenir que dans un contexte favorable (légal, politique, social, éthique, culturel). D’autre part, le changement renvoie aussi à la formation de nouvelles formes sociales et de nouvelles valeurs au fur et à mesure que les individus sont de plus en plus nombreux à adopter de nouveaux comportements.

L’argumentaire à déployer pour inciter aux changements de comportements est déterminé aussi en partie par ces cinq stades

Par exemple, avant de tenir un discours sur « comment faire un moindre usage de la voiture », il faut convaincre au préalable que c’est possible.

Source : Transflash n°379 février 2013

Les français et l’énergie : effets croisés de l’habitat, des déplacements et du climat

En 2012 comme en 2011, les Français sont favorables aux énergies renouvelables. Solaire, bois, pompes à chaleur, ils seraient près de 60 % à les choisir pour se chauffer, s’ils en avaient la possibilité. Les éoliennes obtiennent également un accueil positif.

Sensibles à la question environnementale, les Français sont prêts à modifier leurs comportements face au changement climatique, deux tiers même à faire des sacrifices. Un tiers déclare avoir déjà agi ou avoir l’intention de le faire pour réduire sa consommation d’énergie.

Le coût de l’énergie reste une question centrale : face à une montée des prix, la moitié des Français réduirait sa consommation.

Le parallèle avec la mobilité est flagrant: les 2/3 des français sont prêts à utiliser des modes de transport alternatif à l’usage de la voiture en solo mais très peu passent à l’acte pour l’instant dans les pratiques quotidiennes.

Cela étant, le coût reste déterminant : face à la perspective d’une augmentation du prix de l’énergie dans les prochaines années, une personne sur deux déclarait en juin 2011 qu’elle réduirait sa consommation (graphique 4), soit cinq points de plus que début 2010.

Une personne sur quatre aurait investi dans des dispositifs plus économes en énergie, une proportion rétrécie en dix-huit mois. Signe de l’importance du coût de l’énergie, début 2011, les deux tiers des Français déclaraient connaître le montant de leur dernière facture d’électricité à 10 euros près, dont la moitié à l’euro près.

Mais le même calcul n’est pas encore fait pour les usagers de la route en dehors du moment de l’achat d’un véhicule.

Le coût du carburant explique probablement aussi la préférence pour le diesel : en juin 2011, 45 % des Français auraient opté pour le diesel thermique, s’ils avaient dû acheter une voiture, contre 34 % pour les carburations alternatives (GPL, moteurs hybrides ou tout électrique).

Les véhicules électriques semblent perçus comme un moyen de limiter les frais : les plus modestes, mais aussi les personnes qui réduiraient leur consommation en cas de hausse des prix de l’énergie, les auraient choisis davantage, en part relative (respectivement 15 % des ménages touchant moins de 900 euros par mois, contre 8 % pour l’ensemble de la population).

Les deux sources principales des émissions de C02 sont, par ordre d’importance décroissante, les logements et les navettes vers le lieu de travail ou d’études. Les logements émettent en moyenne 3 150 kg de CO2 par an ; les émissions atteignent 4 200 kg de CO2 par an sous les climats montagnard et semi-continental. Les maisons individuelles des pôles urbains, souvent anciennes et chauffées au fioul, émettent plus de CO2 que celles du périurbain, plus récentes et souvent dotées d’un chauffage 100 % électrique. À l’inverse, les émissions liées aux navettes sont plus importantes dans le périurbain, où les besoins de transport sont importants mais l’offre de services de transports réduite.

Les émissions de CO2 des déplacements sur une carte de France sont presque le négatif de celles des maisons individuelles. Pour cela, est pris en compte aussi bien les moyens de transports individuels que collectifs mais uniquement pour les déplacements domicile-travail et domicile-études des ménages. Les pôles urbains émettent moins de CO2 que leur couronne périurbaine. Par ailleurs, les émissions de CO2 sont faibles dans les espaces ruraux où le nombre de trajets domicile-travail est moindre. Si on additionne les deux types d’émissions précédentes (habitat et déplacements) et qu’on rapporte le résultat au nombre de personnes concernées, l’effet du climat (baisse de la température) sur le chauffage l’emporte sur l’impact des déplacements au niveau régional. Au niveau local, c’est au contraire l’effet des déplacements qui l’emporte sur celui du climat, d’où une consommation totale plus faible dans les pôles urbains.

D’après le commissariat au développement durable

Vers des marques de mobilité en covoiturage

Longtemps le covoiturage a été perçu par les collectivités territoriales comme un accessoire de leur politique de transport.

Si bien que les premiers sites internet de covoiturage (à partir de l’avènement des premiers sites « grand public ») sont le fait de services souvent déconnectés des transports (environnement, participation, solidarité, routes, communication, logistique ou ressources…).

C’est encore souvent le cas aujourd’hui. Cela peut s’expliquer par le peu de considération réservée à ce type de services portés par des pionniers sensibles aux questions de la mobilité douce qui se situent en dehors des directions transport trop fixées sur la mise en oeuvre d’une compétence obligatoire indépendamment des enjeux qui lui sont connexes, notamment l’environnement et l’aménagement. La mise en oeuvre des PDA (Plan de Déplacements Administration), projets transversaux par excellence  a participé progressivement à l’évolution des mentalités et au décloisonnement des services sur les enjeux de la mobilité durable. Est arrivé ensuite, pour les Départements, la loi n° 2004-809 du 13 août 2004 relative aux libertés et aux responsabilités locales qui a transféré la compétence et le personnel des Directions Départementales de l’Equipement vers les Conseils généraux ce qui a permis (parfois dans la douleur) l’émergence progressive aujourd’hui de direction mobilité ou l’infra (routes et ouvrages) vient côtoyer le service (Transports). Enfin plus récemment les lois « Grenelle » sur l’environnement ont parfois fini de mettre en évidence la nécessité de raisonner en mobilité de façon transversale. N’oublions pas néanmoins le rôle d’élus visionnaires ou courageux (ils en existent toujours) qui permettent de faire avancer leur exécutif sur ces questions et le rôle des déclinaisons de protocoles internationaux en plans climat territoriaux ou en Agenda21 par exemple.

Ainsi sur le terrain, cela donne des évolutions sémantiques comme le passage du mot transport au mot mobilité ou le rapprochement entre les organisations routes et transports fusionnées en une organisation mobilité. Dans les politiques, cela conduit à l’émergence de l’intermodalité et l’amélioration des communications entre modes plutôt que l’amélioration indépendante de chacun des systèmes (à quoi sert un TGV, si de la gare à son rendez-vous en ville vous perdez 1h dans des bouchons faute de transports collectifs en site propre?). En covoiturage, à une échelle plus modeste, la sémantique évolue sur le nom des sites avec une disparition des adresses de site contenant le mot covoiturage pour évoluer vers:

  • soit l’émergence de marques de covoiturage
  • soit encore mieux l’intégration du covoiturage dans une marque « transports collectifs »

Chez Covivo, cette tendance se mesure à travers les 3 derniers sites livrés:

  • www.thicovoiturage.fr pour la ville de Thionville qui décline ainsi son réseau thi’bus
  • www.covicites.fr pour l’agglomération de Nancy et son syndicat Mixte des Transports Suburbains qui reprennent les sonnorités de sa carte Mixcités
  • www.ecovoiturage.itinisere.fr pour le Conseil général de l’Isère qui intègre son service dans sa plateforme de services de mobilité itinisere

A qui le tour?

Longtemps le covoiturage a été perçu par les collectivités territoriales comme un accessoire de leur politique de transport. Si bien que les premiers sites internet de covoiturage (à partir de l’avènement des premiers sites « grand public ») sont le fait de services souvent déconnectés des transports (environnement, participation, solidarité, routes, communication, logistique ou ressources…). C’est encore souvent le cas aujourd’hui. Cela peut s’expliquer par le peu de considération réservée à ce type de services portés par des pionniers sensibles aux questions de la mobilité douce qui se situent en dehors des directions transport trop fixées sur la mise en oeuvre d’une compétence obligatoire indépendamment des enjeux qui lui sont connexes, notamment l’environnement et l’aménagement. La mise en oeuvre des PDA (Plan de Déplacements Administration), projets transversaux par excellence  a participé progressivement à l’évolution des mentalités et au décloisonnement des services sur les enjeux de la mobilité durable. Est arrivé ensuite, pour les Départements, la loi n° 2004-809 du 13 août 2004 relative aux libertés et aux responsabilités locales qui a transféré la compétence et le personnel des Directions Départementales de l’Equipement vers les Conseils généraux ce qui a permis (parfois dans la douleur) l’émergence progressive aujourd’hui de direction mobilité ou l’infra (routes et ouvrages) vient cotoyer le service (Transports). Enfin plus récemment les lois « Grenelle » sur l’environnement ont parfois fini de mettre en évidence la nécessité de raisonner en mobilité de façon transversale. N’oublions pas néanmoins le rôle d’élus visionnaires ou courageux (ils en existent toujours) qui permettent de faire avancer leur exécutif sur ces questions et le rôle des déclinaisons de protocoles internationaux en plans climat territoriaux ou en Agenda21 par exemple.
Ainsi sur le terrain, cela donne des évolutions sémantiques comme le passage du mot transport au mot mobilité ou le rapprochement entre les organisations routes et transports fusionnées en une organisation mobilité. Dans les politiques, cela conduit à l’émergence de l’intermodalité et l’amélioration des communications entre modes plutôt que l’amélioration indépendante de chacun des systèmes (à quoi sert un TGV, si de la gare à son rendez-vous en ville vous perdez 1h dans des bouchons faute de transports collectifs en site propre?). En covoiturage, à une échelle plus modeste, la sémantique évolue sur le nom des sites avec une disparition des adresses de site contenant le mot covoiturage pour évoluer vers:
– soit l’émergence de marques de covoiturage
– soit encore mieux l’intégration du covoiturage dans une marque « transports collectifs »
Chez Covivo, cette tendance se mesure à travers les 3 derniers sites livrés:
www.thicovoiturage.fr pour la ville de Thionville qui décline ainsi son réseau thi’bus
www.covicites.fr pour l’agglomération de Nancy et son syndicat Mixte des Transports Suburbains qui reprennent les sonnorités de sa carte Mixcités
www.ecovoiturage.itinisere.fr pour le Conseil général de l’Isère qui intègre son service dans sa plateforme de services de mobilité itinisere
A qui le tour?

«Il faut imaginer une autre intelligence des déplacements»

Interview de Denis Leroy, Vice-Président de la Communauté d’Agglomération de La Rochelle en charge de la Mobilité et des Transports.

La Rédaction : Dans les années 1970, La Rochelle piétonnise son centre-ville, des vélos jaunes sont en libre service ; 1986 : première voiture électrique ; 1999: naissance du premier service d’autopartage ; 2001, création d’une plate- forme logistique ; 2011: expérimentation du cybercar sans conducteur… La Rochelle est l’une des vitrines françaises de la mobilité. Quel est «le secret» pour garder dynamisme et capacité d’innovation dans l’action publique depuis si longtemps ?

D.L. Il y a deux «secrets» : d’abord Michel Crépeau (maire de La Rochelle de 1971 à 1999), un maire visionnaire et concret, qui a su imposer un modèle décalé par rapport aux conceptions de la ville des années 70. À l’époque, la voiture est partout, on construit des rocades, des autoponts, des tours emblématiques dans les centres-villes ; on sépare les fonctions : la ville où on habite et celle où on travaille, ce qui suppose d’utiliser la voiture. À l’inverse le maire de La Rochelle a voulu mettre l’homme au coeur des politiques, d’où une approche décalée de la mobilité, finalement innovante, aujourd’hui référente. Et puis l’Histoire, très prégnante ici. La Rochelle a une tradition de non conformisme. Cette dimension, on la retrouve aujourd’hui par exemple dans nos politiques de déplacement : si on propose aux rochelais une politique innovante, singulière ils sont complices et sont partants !

L.R. À y regarder de plus près, approche multimodale, intermodale et intégration semblent être les trois maîtres mots de votre politique de déplacement… le réseau Yélo et la carte Yélo en somme ! Pouvez-vous nous en dire plus ?
D.L. Bien souvent l’alternative qui était proposée aux usagers se résumait à la voiture ou le bus: «la dictature du bus ou la dictature de la voiture». Il faut imaginer une autre intelligence des déplacements : partager l’espace public, permettre à chacun d’avoir toute liberté de se déplacer, de vraiment choisir son mode, etc.
À La Rochelle nous offrons une palette de neuf choix possibles (bus, vélo, train, marche à pied, covoiturage, taxis, Yélomobile (autopartage), bateau, Parcs- relais) : c’est la multimodalité. La voiture a aussi sa place dans cette palette. Ensuite il faut soigner l’articulation entre les modes. Il faut que le système soit cohérent pour l’utilisateur : c’est l’intermodalité. Enfin il faut convaincre : les réfractaires nous disent «c’est bien beau tout ça mais c’est pas pratique !» : c’est pour répondre à cet argument que justement nous
avons créé la carte Yélo, carte unique, commune, elle donne accès à tous les modes.

L.R. L’hypercentre de La Rochelle concentre ce «cocktail de mobilité innovante» mais comment appréhendez-vous les déplacements sur les territoires moins denses ?
D.L. Effectivement, l’approche est différente selon les territoires : dans les zones denses proches du centre-ville, nous avons voulu redonner de l’efficacité au bus et donc nous avons repensé notre stratégie. Auparavant nos bus assuraient une desserte fine par capillarité. Aujourd’hui nous privilégions des lignes fortes avec une fréquence et un cadencement soutenus : nous sommes rentrés dans l’ère de l’efficacité du rabattement. Parallèlement dans les zones moins denses c’est le transport à la carte qui est le plus pertinent.
Plus loin en périphérie, les déplacements s’effectuent encore largement en voiture ; pour accueillir ces voitures, nous prévoyons l’implantation de parcs- relais et parkings de covoiturage sur les principaux accès à l’agglomération.

L.R. En 2011, vous avez réalisé votre première enquête déplacements ville moyenne selon la méthodologie Certu. Pourquoi cette décision ? Quels sont les résultats les plus marquants ?
D.L. Notre premier PDU (2000 -2010) nous l’avions fait par «nous-mêmes» mais avec le souci de construire une offre de déplacement variée pour les rochelais : en 10 ans nous avons investi 70 millions d’euros. Nous avons aussi aménagé l’espace public pour un meilleur partage entre les usages.
L’enjeu de notre deuxième PDU (2012-2021), sur lequel nous travaillons actuellement, c’est de faire changer les usages, développer des pédagogies, et pour ça, il nous faut des outils d’observation plus fins et plus de participation citoyenne. C’est pourquoi nous avons décidé de réaliser une enquête déplacement.
Comme résultats marquants, et preuve que nos investissements ont payé, je retiens la part modale du vélo (8%), aussi bien que Strasbourg ! J’observe aussi que 58% des déplacements sont effectués en voiture² alors qu’en villes moyennes on est plutôt habituellement à 70% et plus ailleurs.

L.R. Y a- t – il d’autres résultats qui vous interpellent dans cette enquête déplacement ?
D.L. Oui je voudrais redire tous les enjeux liés aux déplacements domicile-travail. Un déplacement sur deux lié au motif travail fait moins de 2,5 km. Cette distance correspond parfaitement au domaine de pertinence du vélo ! Travailler sur les usages c’est aussi inciter à des changements de comportement entreprise par entreprise, individu par individu… c’est pourquoi nous concluons des «contrats citoyens» qui sont un engagement à changer ses habitudes au profit des modes doux, avec un objectif chiffré à échéance de 18 mois. Déjà nous avons 30 entreprises qui se sont engagées soit plus de 500 salariés qui optent pour un autre mode que la voiture ; c’est approximativement la capacité d’un parking en centre-ville ! Autre exemple : pour les étudiants qui viennent à La Rochelle, nous prévoyons «un vélo dans le cartable». Ils sont déjà plus de 600 à avoir opté pour le vélo.

L.R. Avec Nantes et Toulouse, La Rochelle est impliquée dans CIVITAS dont l’objectif est de promouvoir une mobilité durable ambitieuse au sein d’un réseau de villes européennes. Que retirez-vous de cette participation ?
D.L. Civitas c’est fondamental ! C’est une façon efficace d’échanger avec d’autres villes européennes mais aussi d’autres villes françaises. Souvent on observe qu’il n’y a pas de solutions toutes faites, ce qui vaut ici ne vaut pas forcément là-bas et inversement. En un mot, c’est stimulant !

Contact : Communauté d’agglomération de La Rochelle – Marie Santini 05 46 30 36 50

D’après Transflash n°369-février 2012

Transports et émissions de CO2 : enjeux de la mobilité durable en Meurthe-et-Moselle

Justin BISCHOFF et Christian CALZADA

En 2007, un Meurthe-et-Mosellan émet en moyenne 0,692 tonne de CO2 par an pour ses déplacements domicile-travail ou domicile-lieu d’études. Autour de cette moyenne, les disparités géographiques sont importantes : un navetteur du territoire d’action de Briey émet 126,5% de plus de CO2 qu’un navetteur du territoire de Nancy et Couronne.

Les villes sont responsables de la plus grande partie des émissions de gaz à effet de serre, et l’étalement urbain renforce cet impact, avec des actifs toujours plus mobiles et des déplacements domicile-travail de plus en plus longs. La réduction des distances domicile-travail devient en conséquence un des enjeux forts des politiques d’aménagement du territoire.

http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=17&ref_id=17210