La voiture électrique : quelle pertinence environnementale ?

Dans leur étude réalisée pour le compte de l’ADEME, les bureaux d’études Gingko 21 et PE international se sont intéressés à la voiture électrique (véhicule particulier de type citadine et véhicule utilitaire léger), pour des déplacements de courte distance, c’est-à-dire inférieurs à 80 km.

Analyse de la pertinence environnementale du véhicule électrique par rapport au véhicule thermique

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Normation des six impacts potentiels retenus pour le VP en France 2012

Le véhicule électrique français émet moins de gaz à effet de serre et d’ozone, mais consomme autant d’énergie et génère plus de flux radioactifs

L’étude confirme que le véhicule électrique français tend aujourd’hui à réduire la consommation des énergies fossiles, ainsi que les émissions de gaz à effet de serre, puisque l’électricité française est principalement nucléaire. Le véhicule électrique n’émet pas d’ozone photochimique, contrairement au véhicule thermique en phase de conduite. Par contre, le véhicule électrique consomme autant d’énergie primaire qu’un véhicule thermique, sur l’ensemble de son cycle de vie… voire même peut-être plus. Et les déchets et émissions radioactifs qu’il génère sont logiquement plus importants.

Le potentiel d’acidification du véhicule électrique est élevé, mais pourrait être amélioré

Le véhicule électrique affiche un potentiel d’acidification plus important que le véhicule thermique, l’indicateur d’acidification représentant l’augmentation de la teneur en substances acidifiantes dans la basse atmosphère, à l’origine des pluies acides. Une marge d’amélioration existe toutefois, en fonction de la nature des matériaux utilisés pour fabriquer la batterie.

L’origine de l’électricité et les matériaux constituant la batterie sont déterminants pour le bilan environnemental

Globalement, une production d’électricité entièrement basée sur des énergies renouvelables permettrait d’optimiser le bilan environnemental de la voiture électrique. Toutefois, elle ne réduirait pas les nuisances liées à la fabrication de la batterie. Pour limiter ces nuisances, il conviendrait d’explorer des technologies alternatives, d’envisager un recyclage des batteries et une réutilisation des matériaux qu’elles contiennent.

Perspectives pour améliorer le bilan environnemental du véhicule électrique

L’intérêt des «smart grids» pour optimiser le mix énergétique

En cas de déploiement significatif du véhicule électrique, il conviendrait de mettre en place un système de réseau intelligent, ou smart grid. Un tel système vise à limiter les pics de consommation en régulant la demande en électricité plutôt que l’offre; l’objectif est d’éviter la recharge des véhicules électriques avec de l’électricité carbonée.

Viser une utilisation intensive du véhicule électrique ?

Pour parvenir à amortir les impacts liés à la fabrication de la batterie, une utilisation intensive du véhicule électrique (dans une flotte d’entreprise, en autopartage) est plus pertinente qu’une seconde voiture du foyer. Mais cela conduit à charger le véhicule en cours de journée, ce qui peut avoir des conséquences sur l’origine de l’électricité utilisée, en particulier.

Vers des véhicules permettant de réduire la taille de la batterie ?

L’étude conclut que l’utilisation de véhicules électriques de ville, très légers, permet de réduire la taille de la batterie et réduire les inconvénients qui lui sont liés. Par ailleurs, il serait intéressant de considérer les performances environnementales du véhicule hybride, dont la taille de la batterie est également réduite.

Télécharger le rapport d’étude sur : http://www2.ademe.fr/

Source : Transflash n°389

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